Le spectre de l’anthropomorphisme

Quand j’ai commencé à créer mon personnage de Liloutre, je me suis rendue compte que ce n’était pas si facile de designer un personnage anthropomorphe. Pourquoi certaines proportions me gênaient ? Pourquoi ça lui faisait une tête bizarre quand je lui donnais des cheveux ? Est-ce que je lui dessine de la poitrine ? (Je vous dis direct : non, c’est trop malaisant).

Pour parler de personnages anthropomorphes, je vais commencer par expliquer les termes.

L’anthropomorphisme est l’attribution de caractéristiques du comportement ou de la morphologie humaine à d’autres entités comme des dieux, des animaux, des objets, des phénomènes, des idées et voire des êtres d’un autre monde (Wikipédia).

Ok, donc, tout personnage animal parlant ou qui soit à mi-chemin entre humain et animal est un animal anthropomorphe ? Ça valait bien la peine d’écrire un article, dis donc ! 

Non, en réalité, c’est un peu plus complexe que ça. Je vais faire le plus simple et concis possible pour ne pas vous perdre.

Premièrement, il ne faut jamais oublier que l’on parle ici de personnages, donc d’êtres fictifs. Du moment où on les imagine, on n’est pas tenu de les rendre réalistes. Par exemple, les Simpsons ont presque tous la peau jaune et ont quatre doigts à chaque main, mais on sait tous que ces personnages sont humains. Faire la différence entre personnages et personnes réelles est indispensable. Ça peut paraître évident mais je suis tombée sur des réactions et des questionnements qui prouvent que trop de gens ne le font pas.

Prenons l’exemple de Mickey. J’ai souvent vu des gens qui trouvaient étrange que Mickey (une souris) possède Pluto (un chien) tout en étant ami avec Dingo (un autre chien). C’est parce que Mickey, Dingo et leurs amis ne sont pas vraiment des personnages d’animaux. Ils marchent, vivent et s’habillent comme des humains tout en ayant une apparence animale. Contrairement à Pluto, qui marche à quatre pattes, aboie et chasse les chipmunks Tic et Tac. Pour le coup, lui, est vraiment le personnage d’un chien.

C’est exactement la même chose avec Hello Kitty, qui a soulevé une vague d’incompréhension chez les gens. La compagnie Sanrio (qui a, entre autres, créé Hello Kitty) a très bien expliqué la subtilité du personnage :

« Hello Kitty n’est pas un chat, c’est un personnage de cartoon, c’est une petite fille, une amie, mais ce n’est pas un chat. Elle n’est jamais représentée sur ses quatre pattes, elle marche et s’assoit comme un bipède. De plus Hello Kitty possède elle-même un chat baptisé Charmmy Kitty ».

Je me suis un peu renseignée sur cette histoire et c’est impressionnant comment les fans ont mal interprété cette déclaration. Beaucoup pensaient sincèrement qu’elle était un chat. Deux arguments qui reviennent souvent sont qu’elle possède des moustaches et qu’elle s’appelle Kitty. Je trouve ces arguments légers dans la mesure où son comportement (elle ne se lèche pas pour se nettoyer) et ses activités (elle va à l’école) la rapprochent de l’humain bien plus que du chat.

Beaucoup ont même élaboré une hypothèse selon laquelle Kitty serait une fillette humaine dans un costume de chat. Alors déjà, c’est hyper malaisant, comme concept. Et ça voudrait dire qu’un personnage ne peut être qu’humain ou animal et que seule son apparence peut le déterminer ?

C’est très manichéen et ça réduirait les possibilités de création à deux options. Ou trois, si on inclut l’idée des costumes. Sur l’image ci-dessus, Kitty porte un costume et ça se voit. Selon les partisans de cette théorie, son apparence normale pourrait s’enlever ? Non mais imaginez ! Le soir, avant d’aller se coucher, Kitty dézippe son “costume” de chat et c’est une humaine qui en sort ? 

Bref, laissons de côté cette vision cauchemardesque et abordons ce qui me semble le plus logique et complet : l’anthropomorphisme/zoomorphisme est un spectre (le zoomorphisme est le miroir de l’anthropomorphisme, à savoir l’attribution de caractéristiques animales à des humains, idées, phénomènes etc…).

On peut prendre ce spectre dans les deux sens mais moi, je préfère partir des animaux jusqu’aux humains, en traversant plusieurs catégories où l’on ajoute des caractéristiques humaines. L’environnement et la façon dont sont considérés les personnages sont aussi à prendre en compte pour ce classement. J’ai divisé le spectre en plusieurs catégories, regroupant elles-mêmes des sous-catégories. Allez, je vous explique tout ça. Petite note : c’est ma version de ce spectre, ce n’est pas exhaustif, ni une vérité absolue. 

Les personnages de vrais animaux

Benji, Beethoven, Lassie, Flipper, Skippy

Ces animaux ont été les personnages principaux de films et/ou de séries. De nos jours, il n’y a plus autant de productions de ce genre. Je pense que c’est à cause de la difficulté de faire tourner des animaux. Malgré un bon dresseur, on n’est jamais à l’abri d’une réaction imprévue, voire d’un accident. Et certaines actions sont impossibles à réaliser pour un animal. Heureusement que des lois plus strictes qu’avant ont vues le jour (bon, en faisant mes recherches, on est bien loin d’une réelle prise en compte du bien-être animal sur les tournages). Grâce à la CGI, c’est moins contraignant de créer de faux animaux réalistes que de faire tourner de vrais animaux, tout en gardant un contrôle absolu sur le rendu des scènes. Si on veut qu’un ours fasse des figures acrobatiques, on n’aura pas à forcer (torturer) un animal pour ça. 

Dans le film “Benji la Malice”, on suivait le périple de Benji dans la nature et ses rencontres avec des animaux sauvages. Évidemment, les événements sont scriptés, et certaines actions du chien ne sont pas très naturelles (par exemple, il est poursuivi par un loup et il le conduit jusqu’à un ours pour s’en débarrasser). Mais bon, si on veut du naturel, on filme un documentaire animalier. (Quoique là aussi, on pourrait se poser la question du naturel. Il y a forcément une narration et un montage donc, un parti pris, un point de vue subjectif. Mais bref, je m’égare, revenons à notre spectre). 

Lassie, Flipper et Skippy ont été les héros de nombreux films et séries, dans lesquelles ils sauvaient souvent des humains imprudents. 

Des animaux acteurs étaient dressés pour les besoins de l’histoire mais leurs personnages avaient surtout des comportements d’animaux. Ils n’étaient pas doublés et on n’entendait pas leurs pensées. Les personnages humains posaient des questions sur les intentions de l’animal ou ses découvertes et celui-ci acquiesçait en aboyant par exemple. Un “dialogue” typique du genre :

– Lassie, es-tu en train de me dire que Timmy est tombé dans le puits ?

– Woof !

– Ok, montre-moi le chemin et allons le sauver !

Air Bud

Pendant que j’écrivais le paragraphe ci-dessus, j’ai repensé à cette franchise de films dans lesquels un golden retriever commence par exceller en basket, puis devient un joueur hors-pair de plein de sports différents dans de très nombreuses suites. J’avoue, je ne les ai jamais vus mais ils entrent dans une sous-catégorie. On a toujours un vrai chien, qui ne parle pas mais qui a des activités humaines. Bien sûr, on peut jouer à la balle avec son chien dans la vraie vie et il peut mettre des buts, même faire du skate. Mais en regardant les trailers, c’est évident que le chien n’a pas tout fait lui-même (il tape une balle de baseball avec une batte tenue entre ses dents par exemple 😂). Ce type de film est un peu plus proche de l’anthropomorphisme que les précédents mais on reste sur de vrais animaux, se comportant à peu près comme de vrais animaux. Pour moi, la bascule se fait avec la parole. 

Le premier pas vers l'anthropomorphisme : la parole.

L'Incroyable Voyage

Dans le film, les animaux sont réels et ont été dressés, comme les exemples précédents. Mais les trois personnages principaux sont doublés. En les faisant parler, on leur donne une pensée, un sens de l’humour et des réactions humaines. Par contre, ils ne dialoguent pas avec les animaux sauvages qu’ils rencontrent. Le film est tiré d’un livre, dans lequel nos voyageurs ne parlent pas. Je pense que s’ils sont dotés de parole dans le film, c’est pour ne pas que les spectateurs s’ennuient (surtout les enfants). Et c’est sûrement pour ça que les animaux sauvages ne parlent pas. Leur donner des intentions rajouterait des intrigues alors qu’à la base, ils sont là pour ajouter des péripéties au voyage des héros.

Le Roi Lion, Oliver et Compagnie, les Aristochats, Les 101 Dalmatiens, Rox et Rouky, Bambi

Dans ces films d’animation, les personnages parlent, préparent des plans de sauvetage ou des complots, chantent, dansent, font du piano et ont des traditions. Ça, c’est pour le côté humain. Mais ils restent à quatre pattes (sauf pour certaines scènes, comme quand les Aristochats dansent), ne s’habillent pas et aboient, miaulent, etc. 

Les personnages animaux communiquent entre eux même s’ils sont d’espèces différentes mais les humains ne les comprennent pas. Les humains les traitent comme des animaux (proies ou animaux de compagnie) et n’ont aucune idée de leur vie secrète.

Dans “le Roi Lion”, il n’y a pas d’humains, mais imaginer l’existence d’une civilisation humaine au-delà de la Terre des Lions ne me paraît pas improbable. Évidemment, humains et animaux ne pourraient pas communiquer ensemble, contrairement au “Roi Léo”. 

Le Roi Léo

Il mérite sa sous-catégorie car il est très proche de la précédente, à ce “détail” près : Léo apprend à parler avec les humains et il enseigne la langue des humains ensuite aux autres animaux. Il va créer une école et les animaux vont bâtir un palais, pour faire comme les humains. Les animaux de ce manga commencent dans la sous-catégorie précédente mais finissent dans cette variante. Je ne fais pas passer cette œuvre dans la catégorie suivante car elle n’y correspond pas tout à fait. 

Des sociétés miniatures basées sur celles des humains

Brisby et le Secret de NIMH, Bernard et Bianca, Basil détective privé, Fievel

Dans la catégorie précédente, “Le Roi Lion” et “Le Roi Léo” possèdent une hiérarchie, qui existe dans la vraie vie des lions, mais teintée de monarchie humaine. Cependant, on est loin des sociétés présentées ici.

Je n’ai choisi que des univers de souris pour cette sous-catégorie parce que je n’ai pas trouvé d’exemples similaires avec d’autres animaux. Dans ces univers, humains et animaux vivent en parallèle. Les souris forment des sociétés calquées sur celles des humains mais se cachent d’eux, car ils sont dangereux. Elles détournent leurs objets pour les utiliser à leur manière. 

Les souris de ces univers portent des vêtements, marchent sur leurs pattes arrière comme des humains et font des métiers d’humains (détective, chanteuse, fabricant de jouets). Elles créent des sociétés et collaborent avec d’autres espèces animales. Mais elles ont aussi des comportements d’animaux parfois (elles poussent des cris de souris quand elles ont peur, courent à quatre pattes pour fuir). Ratigan perd toute humanité à la fin de “Basil, Détective Privé”, guidé par la rage qui le réduit à ses plus bas instincts. Les souris font la taille de souris normales et le reste des animaux est globalement aux bonnes proportions. Même si ce n’est pas toujours exact, les souris sont bien plus petites qu’un albatros et plus grandes qu’une libellule.

Les humains ne comprennent pas les souris. Seuls les enfants que sauvent Bernard et Bianca peuvent discuter avec les animaux.

Bugs Bunny et Daffy Duck

Je les trouve un peu particuliers. Ils vivent comme des animaux (un terrier et une mare), ne s’habillent pas (sauf pour des besoins scénaristiques) et ils se font chasser. Outre le fait qu’ils marchent comme des humains, leur morphologie ne respecte pas beaucoup celle de leurs espèces respectives. Bugs a des cuisses bien fines pour un lapin, Daffy a des bras au lieu d’ailes, et ils sont de la même taille que les humains (voire plus grands). Autre chose, ils savent lire et écrire.

Donc, sont-ils des animaux anthropomorphes ou des humains zoomorphes ? Selon “La chasse aux lapins et la chasse aux canards”, ce sont bien des animaux. Dans cet épisode, Bugs et Daffy déclarent ouvertes à tour de rôle la chasse au canard et au lapin. Tout ça dans le but d’envoyer le chasseur sur leur rival et d’avoir la paix. Ils savent donc très bien qu’ils sont un lapin et un canard.

Je vous laisse découvrir l’épisode ci-dessous ^^

Un monde sans humains

Robin des bois, Zootopie, Rougemuraille

Les personnages de ces histoires possèdent non seulement des traits physiques et de caractère humains, mais font aussi face à des problèmes humains. Ils n’ont plus à se cacher des humains et de leurs prédateurs naturels mais ils luttent contre des tyrans et résolvent des enquêtes. 

Le Robin des Bois de Disney est une réécriture animalière d’une histoire mettant en scène des humains à l’origine, ce n’est donc pas étonnant. Zootopie est une uchronie où les animaux ont évolués et ont remplacé les humains. Rougemuraille est une série de romans de fantasy où tous les personnages sont des animaux.

Donc, si on a remplacé les humains par des animaux et qu’on leur fait vivre notre vie, seraient-ils des humains zoomorphes ? Et non, toujours pas ! En l’absence d’humains, je ne peux pas me baser sur l’environnement et les différences entre les types de personnages. Par contre, je regarde beaucoup l’apparence des personnages.

La morphologie de ces personnages est encore très animale. Ils marchent sur leurs pattes arrières, qui sont souvent plus courtes que nos jambes d’humains (j’en ai parlé dans la première partie des « Mice of Dumpler », quand j’expliquais comment j’ai designé les souris). Les personnages ont leurs queues, griffes, cornes, bref, leurs caractéristiques physiques d’animaux. Ils font la taille de leur espèce (à peu près). Un éléphant ne fait pas la même taille qu’un renard, par exemple. Ils ne portent pas forcément de chaussures et n’ont pas de cheveux. À mes yeux, c’est le meilleur mélange humain-animal du spectre, d’un point de vue charadesign. Ce n’est pas pour rien que c’est dans cette sous-catégorie que se situe mon personnage de Liloutre (graphiquement parlant). 

Dans Zootopie, certains comportements animaux restent : les lemmings se suivent, les paresseux sont d’une lenteur incroyable et les loups ne peuvent s’empêcher de hurler. 

Ce type de personnage ne possède généralement pas d’animaux de compagnie. Du moins, pas d’animaux qui leur ressemblent. À la limite, ils pourraient avoir des poissons, des reptiles ou des insectes. Sinon, ce serait aussi bizarre que si nous avions des humains de compagnie. 

Bluey

Dans cette série animée australienne absolument adorable, tous les personnages sont des chiens. Ils savent de quelle race ils sont, agitent la queue de joie, jappent d’excitation ou de peur. Ils ne portent pas de vêtements mais se tiennent debout, vivent dans des maisons, vont au travail en voiture et les enfants vont à l’école. Il y a une différence entre eux (les personnages) et les animaux. Bluey et sa sœur Bingo veulent un émeu de compagnie, et Bluey a rêvé qu’elle était une chauve-souris. Cette différence rejoint celle entre Mickey et Pluto dont je parlais plus haut. J’aurai totalement fait passer Bluey dans la catégorie humains zoomorphes s’ils n’étaient pas conscients d’être des chiens et qu’ils n’en avaient pas des comportements.

Beastars

Les personnages de ce manga sont très humains et très animaux à la fois. Ils ont généralement des corps longilignes aux proportions très humaines (sauf pour des caractéristiques spécifiques, comme les longs cous d’autruches ou de girafe, par exemple). Ils portent des chaussures, leurs pieds ont la forme des nôtres. Mais ils possèdent toutes les caractéristiques animales : fourrure, griffes, crocs, bois, queues, crinières, etc. Ils n’ont pas de cheveux. Les oiseaux ont cependant des bras, mais les poules pondent des œufs. Au niveau des tailles, c’est comme dans Zootopie, les proportions entre les espèces sont variables (les petits rongeurs doivent raser les murs pour éviter de se faire écraser par inadvertance par de plus grands animaux). Ce mélange entre humain et animal est à deux doigts de basculer dans le malaisant pour moi mais ça passe. 

Les personnages savent qu’ils sont des animaux, et ils ont des aménagements spécifiques liés à leur espèce (comme une salle réfrigérée pour les ours polaires). Ça leur permet d’être régulièrement dans des conditions naturelles et ça réduit leur stress.

Là où l’univers de Beastars fait quelque chose de vraiment étonnant, c’est que les animaux peuvent se reproduire inter-espèces. Il en résulte des enfants hybrides. Est-ce que les espèces d’animaux de ce manga seraient l’équivalent des ethnies humaines ? Des sortes de variations d’une même espèce ? Sinon, comment pourraient-ils se reproduire ? Vous avez quatre heures !

Les personnages de Beastars sont vraiment en équilibre entre les animaux anthropomorphes et les humains zoomorphes.

Et ça y est, on va attaquer l’autre versant du spectre.

Humains zoomorphes

Les animaux des pubs Orangina 

Alors là, on tape en plein dans le malaise (toujours à mes yeux). Le dosage des caractéristiques humaines et animales est bizarre. Trop animal et trop humain à la fois. Et très très sexualisé. Des corps humains fantasmés couverts de fourrure, c’est pas possible. J’ai l’impression qu’on a pris des photos d’humains et d’animaux, qu’on a découpé des morceaux et recollé en mode Frankenstein. Puis on a « unifié » la créature en la couvrant de fourrure. Ce doit être ça qui me gêne : le manque de cohérence dans les corps en eux-mêmes.

C’est un peu difficile d’argumenter plus, puisque ce sont des publicités. On n’a pas de cohérence d’univers, d’enjeux ou de personnages à qui s’attacher. C’est peut-être pour ça que j’aime Beastars mais pas les animaux Orangina, malgré leurs similitudes.

Au départ, il me semble qu’il n’y avait que des animaux, mais ensuite, des humains sont apparus à leurs côtés et il y a de l’attirance physique entre eux, ce qui me gêne encore plus. 

Hello Kitty, Mickey 

Comme on l’a déjà vu plus haut, ils ont des animaux de compagnie, des comportements et activités d’humains, tout en ayant des traits physiques d’animaux. En cherchant, je n’ai pas l’impression que Mickey ait conscience d’être une souris. Ce qui fait toute la différence avec Bluey et c’est pourquoi Mickey et Hello Kitty se retrouvent ici.

Tout à l’heure, j’ai dit que Liloutre se trouvait, graphiquement parlant, aux côtés de Robin des bois, Zootopie et Rougemuraille. Je pense par contre qu’elle se situe ici pour le reste. Les personnages de « Liloutre ! » ne vivent pas en races, contrairement à ceux de « Bluey ». Liloutre est mon avatar animal, comme un animal totem. Donc, chaque personnage inspiré par une personne réelle a un animal qui lui correspond. Son compagnon Arthur est un pygargue, animal choisi par mon compagnon.

Moi Renart, Sherlock Holmes, Maus

Dans ces univers, les personnages ont vraiment une morphologie humaine, possèdent cinq doigts à chaque main, les femmes ont des cheveux dans “Moi, Renart” et “Sherlock Holmes” et seuls leurs visages sont animaux (dans “Maus”, les personnages ont des queues de souris mais elles ne sont pas toujours dessinées). Le côté animal de ce genre de personnages me fait penser à un filtre Snapchat ou un skin de jeu vidéo (un look alternatif pour un personnage, ça ne change en rien ses caractéristiques) : c’est juste visuel et n’influe pas l’histoire. L’exemple le plus flagrant, dans “Moi, Renart”, Ermeline, la renarde, a un casque de moto qui ne prend pas en compte son museau allongé ni ses oreilles. Si la morphologie animale était importante, le casque aurait été designé pour y être adapté, comme dans Zootopie. 

En gros, dans cette catégorie, les personnages pourraient être humains visuellement, ça ne changerait rien à ce qui est raconté. Contrairement à Beastars, où les caractéristiques animales des personnages étaient visibles et utilisées dans l’histoire (le venin, les crocs et griffes, leur régime alimentaire, la puissance musculaire des carnivores, etc). Si les personnages de Beastars étaient humains, le concept même de cet univers tomberait à l’eau. 

Dans le cas de “Maus”, le zoomorphisme est évidemment utilisé ici pour mettre une distance entre les lecteurs et les horribles événements réels racontés. L’auteur a d’ailleurs été marqué par un “documentaire” allemand de 1940 qui déshumanisait les Juifs en les comparant à des rats.

En conclusion

C’était long, mais j’aime beaucoup ce sujet. J’espère que ma vision du spectre de l’anthropomorphisme / zoomorphisme vous aura intéressés. 

Comme l’appellation “humain zoomorphe” n’est pas très courante, je pense que j’utiliserai toujours “animal anthropomorphe”. C’est plus simple pour être comprise et comme on l’a vu, les différences sont vraiment subtiles et sujettes à interprétation. 

Si le cœur vous en dit, amusez-vous à citer des personnages en commentaire et dites dans quelle (sous-)catégorie vous le mettriez. Vous pouvez même créer de nouvelles sous-catégories, si besoin. J’ai hâte de vous lire !

Voir aussi

Quand j’ai commencé à créer mon personnage de Liloutre, je me suis rendue compte que ce n’était pas si facile de designer

Comme je l’ai dit à la fin de l’article précédent, « the Mice of Dumpler », c’est fini. Mais, pendant que j’écrivais les articles,

Et je vous retrouve pour la suite et fin de mon expérience sur la série « the Mice of Dumpler » (premier épisode ici)

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